vendredi 26 août 2011

Un numéro du tonnerre

Bells are ringing

Vincente Minnelli - 1960


« Bells are ringing » c'est la fin d'une époque: la dernière comédie musicale de deux grands noms du genre (le producteur Arthur Freed et le réalisateur Vincente Minnelli), et l'âge d'or de la MGM qui s'éteint avec eux... La célèbre écurie du studio se délite, entre jeunes poulains devenus vieux et beaux étalons ayant perdu leur vigueur. Les têtes d'affiche d'antan n'existent plus: finis les Fred Astaire, Gene Kelly, Judy Garland, ou Cyd Charisse... Pour cet ultime tour de piste, c'est au crooner Dean Martin et à la guillerette Judy Holliday de se partager l'affiche, dans une adaptation d'un grand succès de Broadway.

Judy Holliday reprend le rôle très applaudi qu'elle tenait sur les planches et une bonne partie du casting original a été lui aussi recruté pour le film. Avec un budget assez confortable et un bon réalisateur à la barre, tout les facteurs semblaient réunis pour faire de cette nouvelle comédie musicale une réussite. Mais, en succédant à « Gigi », dernière super-production et super-succès en date de la MGM, « Bells are ringing » s'apparente un peu à un acte manqué, à un film de second ordre... Décors sinistres, mise en scène plate et bornée aux limites théâtrales, numéros peu enthousiasmants, chansons trop explicatives et parfois même inutiles, le film accumule les handicaps, et semble finalement reposer tout entier sur les cabotineries de Judy Holliday qui, malgré toute sa fraîcheur, a les épaules bien fragiles.

Plus comédie que musicale finalement, « Bells are ringing » souffre de ne pas posséder de vraies et belles respirations dans le récit. Car malgré un pitch sympathique et accrocheur (la belle introduction du film en témoigne), les ressorts comiques montrent aussi rapidement leurs limites et finissent par lasser. Parmi les interludes musicaux, l'attachant « Perfect relationship », l'amoureux « Just in Time », le dynamique « Drop that name » et le beau duo « Better than a dream », sortent néanmoins du lot. Le film parvient également à trouver son équilibre à de rares moments, où les excès de Judy Holliday se trouvent contrebalancés par le flegme de Dino... mais l'ensemble reste malade. Jamais envoûtant, jamais ennuyant, simplement sympathique... et vite oubliable.

4 commentaires:

  1. bah voilà, nous sommes d'accord.

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  2. Oui, finalement.
    Et j'en suis bien peinée: je commence à croire qu'il ne me reste plus grand chose de réellement enthousiasmant à me mettre sous la dent, au niveau comédies musicales.

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  3. tu as vu les films chorégraphiés par Bubsy Berkeley?
    Chercheuses d'or, 42ème rue...
    tu aimes?

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  4. Oui, j'ai vu les principaux (notamment ceux cités). J'apprécie leur charme désuet, et leurs scénarii pré-code parfois bien rodés. Mais je ne suis pas non plus une fan absolue. Les numéros sont toujours grandioses mais souvent un peu longuet et trop déconnectés de l'intrigue.

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