David Lean - 1965

Gourmande de Lean après la très belle découverte de « La fille de Ryan », j'ai décidé de combler une de mes lacunes de cinéphile en plongeant dans son épopée romantico-romanesque la plus célèbre, « Docteur Jivago ».
Cette adaptation d'un roman russe renommé, fresque d'un amour et d'un pays tourmentés, a bénéficié d'un budget colossal, permettant au réalisateur d'étaler son tournage sur une année entière, et de prendre un soin particulier à recréer la Russie d'antan. Et au niveau reconstitution, pas de doute, le contrat est pleinement rempli; le film nous en met plein les mirettes et on apprécie la richesse des détails (seules les inévitables coupes de cheveux 60's des actrices pourront être déplorées). Mais au milieu de demeures luxueuses, de paysages enneigés ou de champs fleuris, et dans des costumes somptueux, ce sont finalement les personnages eux-mêmes qui nous semblent fades, de la même manière que les passions qui les anime et dans lesquelles ils finissent par s'enliser.
Là où « La fille de Ryan » savait toucher par son aspect intimiste, « Docteur Jivago » manque définitivement de subtilité... La première partie du film, dans un Moscou en proie à des poussées révolutionnaires, est pourtant assez prenante. Il faut dire que l'amour y est cruel et ambigu, et que le docteur du titre y est presque absent. Puis vient la guerre, l'exil, l'entracte, et une partie nettement moins intéressante centré sur le fameux Jivago, tiraillé par une passion adultère plus que banale, puis enrôlé de force dans une croisade partisane. Pendant que les balalaïkas du célèbre et lancinant « thème de Lara » résonnent, les années passent, par dizaines, les personnages traversent le temps sans gagner une ride et Omar Sharif fait le poète, les yeux tirés, humectés de larmes, perdus dans les nuages. Et on s'ennuie... un peu...
Mélodrame historique de la pure tradition hollywoodienne, aussi flamboyant qu'interminable, « Docteur Jivago » demeure malgré tout un grand spectacle de qualité, un bon classique de dimanche-après-midi.
Merci pour l'article. Intéressant...
RépondreSupprimerIl faut dire qu'avant de voir "La Fille de Ryan", j'étais étonné de voir que tu aimais un film de David Lean que j'ai toujours perçu comme des "films de mise en scène" (pour reprendre une expression que j'ai lu à propos du "Ghost-Writer" dans Téléramaaaaeurk), et c'est pas pour rien qu'il est le mentor de Spielberg. Enfin bon... Je ne pense pas que tu seras davantage touchée par "Lawrence d'Arabie". Bises.